Enfance - Adolescence
Christophe Pichon, Psy et Sexothérapeute, vous reçoit à Paris.
Pixabay - CC0 Public Domain

La maman d’une petite fille de 2 ans 1/2 nous expliquait l’autre jour que son enfant, Julie, était très turbulente.

Lorsqu’elle ne faisait pas ce que l’on attendait d’elle, Julie finissait au coin.

Mais, comme elle n’aimait pas le coin, sa maman levait la punition au bout de quelques secondes !  

Ceci eut pour effet de m’interroger.

En premier lieu, à quoi sert la punition ?

Elle est le nécessaire complément de l’interdit, l’un des piliers fondateur de toute société. Chez l’enfant, comme plus tard chez l’adulte, la punition permet de crédibiliser l’existence des règles, qui si elles ne sont pas respectées, engendreront des sanctions. La punition permet également de «rassurer l’enfant». Un enfant qui transgresse les règles peut avoir peur de perdre l’amour de son parent. Il vaut peut-être mieux pour lui de recevoir une punition qu’il comprendra et acceptera, ce qui le soulagera de cette peur.

Enfin, cela évitera au parent de se mettre en colère, ce qui reste la meilleure des solutions pour les deux protagonistes.  Après des colères répétées durant des années, l’enfant devenu adulte, pourrait développer des relations avec les autres, principalement sous l’angle du rapport de force.

 

Que se passe-t-il si le parent ne donne pas la punition, pourtant annoncée ?

Lorsque une figure publique transgresse la loi et que la peine qui (parfois) lui a été infligée n’est pas corrélée avec la faute commise, l’opinion s’indigne. Quelle en est la conséquence immédiate ? Une décrédibilisation des institutions en charge de faire respecter la loi, donc l’interdit.

Ramené au monde de l’enfant, si un parent édicte une règle et de possibles sanctions en cas de non respect, que la punition n’est pas appliquée lors du franchissement de la ligne jaune, le parent n’est plus crédible aux yeux de l’enfant. Cela devient alors très compliqué.

 

Pourquoi un parent pourrait-il rejeter le principe de la punition ?

Il peut y avoir de multiples raisons. Mais peut-être que dans son esprit, punition rime avec répression, humiliation, sadisme… faisant probablement écho avec ce qu’il a lui même vécu, petit enfant.

Ce peut-être également la peur de perdre l’amour de son enfant ou de ne pas être un bon parent.

 

Quelle punition choisir ?

Ce point est le plus délicat et les conséquences d’un mauvais choix risquent d’accentuer la problématique.

 

Aussi, à chacun d’y réfléchir en fonction de l’âge, de la maturité et de la personnalité de son enfant. En revanche, il semble important de rappeler quelques postulats :

  • La punition doit être juste pour être acceptée,
  • Adaptée à l’ âge et à la maturité de l’enfant,
  • Proportionnelle à la bêtise,
  • Ne créant pas d’insécurité (on va te laisser seul toute la journée et dans le noir ),
  • Non violente physiquement ou humiliante (cela va sans dire que le martinet de notre enfance est à mettre à la poubelle et que ridiculiser son enfant en public n’est pas une bonne solution),
  • Qui ne soit pas en relation avec des besoins de base (privé de repas ou de dessert ) ou avec de joies essentielles ( le priver de son cadeau d’anniversaire, de vacances…),
  • Qui ne le fasse pas régresser en âge,
  • En rapport avec l’école (tu me copieras 100 fois « je ne tire pas à la carabine à plombs sur le chat des voisins »), ce qui ne l’encouragera guère à  prendre du plaisir dans le travail scolaire,
  • Que la punition ne soit pas liée à des tâches ménagères, auxquelles il se doit de participer l’âge venu, apportant ainsi son concours à la communauté et l’autonomisant (faire son lit, débarrasser la table, ranger sa chambre..).

 

  • Quelques possibles exemples à mettre en oeuvre:

  • Lui faire présenter des excuses,
  • Le laisser réparer les bêtises,
  • Temporairement supprimer les bonbons, l’accès à l’ordinateur, à la télévision, à la console de jeux,
  • L’isoler dans une chambre le temps qu’il se calme ou réfléchisse à ce qui s’est passé, ce qui peut-être la version moderne du coin, pour les plus grands, ( un psy proposait pour le coin 1 minute = 1 an, ce qui est une piste),
  • Etc.

 

En résumé :

Pour les petits, répéter régulièrement les limites et les interdits reste nécessaire, tant que la maturité n’est pas là. Pour fluidifier les choses, l’on pourra anticiper les situations critiques. Par exemple : « cet après-midi, nous allons chez Tante Gertrude et il est interdit de lui dire qu’elle a des poils au menton ».

Pour les adolescents, cela pourra se concrétiser par «un contrat écrit» qui fera l’objet d’un échange approfondi, puis que l’on affichera par exemple sur le réfrigérateur.

Mais l’imagination étant sans limite, à chacun d’inventer en fonction de son « rejeton ».

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