Christophe  Pichon
Psychopraticien et Sexothérapeute à Paris (75.017) et à Toulon (83.000)

"Je m'en occuperai demain"


Source Wikimedia Commons

‘’Deux intellectuels assis vont moins loin qu’une brute qui marche’’ disait Biraud à Aznavour, dans ‘’un Taxi pour Tobrouk.’’ Ce dialogue du grand Michel Audiard pourrait être hissé à la gloire de l’action et de l’anti-procrastination.

Du latin procrastinatio qui signifie ajournement, le procrastinateur est une personne qui a tendance à remettre au lendemain ce qu’il doit faire. Contrairement à ce que l’on serait susceptible de penser, le procrastinateur n’est pas un fainéant : il accomplit une foule de tâches autres, pour remettre à plus tard l’action contraignante.

Cette stratégie d’évitement lui impose d’accomplir son obligation, au mieux sur le fil du rasoir, au pire avec du retard, voire jamais.

Comment devient-on procrastinateur ?

  • Il peut s’agir d’un défi que l’on se donne inconsciemment, pour réussir à finaliser une tache mais au dernier moment. La date-butoir se rapproche de plus en plus dangereusement et donne l’impulsion. Le fait de différer en permanence le travail à accomplir donne du piquant et met le procrastinateur sous tension. Comment l’adrénaline associée intervient-elle dans le processus psychologique enclenché ?
  • La procrastination s’installe également sur le terreau du perfectionnisme. L’appréhension de ne réaliser un travail qu’avec un haut niveau de perfection, encouragerait le procrastinateur à se lancer dans d’autres activités moins contraignantes et plus accessibles. Vivre avec le désir d’être parfait devient vite épuisant. Aussi, est-il plus facile de remettre à plus tard ce que l’on doit accomplir.
  • En opérant ainsi, le procrastinateur évitera d’être mis en échec, car il aura fait de son mieux avec le laps de temps [qui reste] disponible.
  • Le rapport à l’autorité [hérité de notre enfance] nous pousserait également à résister à l’obligation de réaliser la tâche, par esprit de rébellion.
  • Des neurologues ont également émis l’hypothèse que les circuits cérébraux de la récompense dysfonctionneraient chez l’individu concerné, lorsque la tâche à accomplir ne provoque pas de satisfaction immédiate. À ce stade, cette supposition reste à investiguer.

 

Que faire pour progresser ?

  • Au préalable, être conscient de son comportement,
  • Plutôt que de se focaliser sur ‘’la ligne d’arrivée’’, fragmenter le parcours de réalisation, en petites étapes,
  • Associer à chacun de ces paliers une durée de réalisation, en prenant une marge d’erreur. En effet, beaucoup de procrastinateurs entretiennent une perception erronée du temps !
  • A l’issue de chacune de ces phases, tenter d’apprécier ce qui vient d’être réalisé, sans se cristalliser sur le chemin restant à parcourir.

 

Promis, je m’en occuperai demain…


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